Notre SAVS s’appelle le SADEMO
Service d’Accompagnement Départemental En Milieu Ouvert
Nous reproduisons, ici, un article paru dans le n°18 du journal « A propos » dans lequel était interrogée
Julie GODFRIN, cheffe de service du SADEMO.
A propos : Le SADEMO est un Service d’Accompagnement à la Vie Sociale mais précisément quelle est la mission d’un tel service ?
Charlotte Moulin : La mission d’un tel service ? Accompagner dans leur vie sociale des personnes en situation de handicap. Il s’agit d’aider, d’accompagner des personnes vivant à leur domicile et qui ont besoin d’un soutien pour gérer leurs problèmes administratifs, de logement, d’un soutien pour leurs activités sportives ou culturelles, d’une aide aussi pour qu’elles prennent soin d’elles-mêmes, et de leur santé aussi parfois.
En aucun cas, il ne s’agit de faire à leur place mais bien de les accompagner, c’est-à-dire au sens propre de ce terme d’être à leur côté pour qu’elles puissent réaliser elles-mêmes ce qu’elles souhaitent faire pour vivre comme tout un chacun le mieux possible au sein de la cité. Notre travail d’accompagnement vise à éviter que ces personnes ne se mettent en danger ou en situation de souffrance en s’isolant du monde. Nous travaillons donc pour permettre à ces personnes de s’intégrer au mieux au sein de notre société.
A propos : Quelles sont les personnes qui peuvent bénéficier d’un tel accompagnement ?
Charlotte Moulin : Pour bénéficier de cet accompagnement, les personnes doivent avoir été reconnues par la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées) comme nécessitant un tel soutien.
Ce service est financé par le Conseil départemental qui a accrédité le CDAT en 1994 pour effectuer cette mission. Le SADEMO est autorisé par cette collectivité pour suivre 27 personnes. Celles-ci sont toutes logées en appartement individuel dans l’agglomération stéphanoise ou à proximité de celle-ci. Elles peuvent travailler en entreprise ou au sein de notre ESAT ou dans un autre, ou encore ne pas avoir d’activité professionnelle soit parce qu’elles sont retraitées soit parce qu’elles ne sont pas en capacité d’occuper un emploi.
A propos : Avez-vous élaboré une procédure pour accompagner au mieux ces personnes ?
Charlotte Moulin : Naturellement ! L’accompagnement social ne s’effectue pas de manière instinctive et désordonnée. Il nécessite une expérience de l’accompagnement de personnes en difficultés, et une réflexion constante sur les actions menées. C’est un travail d’équipe au sein du service d’abord, ensuite un travail de collaboration avec l’ensemble des professionnels en charge de ces situations. Je veux parler des tuteurs ou curateurs, des professionnels qui suivent médicalement ces personnes ou encore d’autres professionnels (psychologues par exemple) qui peuvent intervenir dans la situation de ces personnes accompagnées.
Mais il nous faut prendre en compte également la famille des intéressé(e)s, leurs ami(e)s, leurs connaissances, voire quelquefois aussi leurs voisins. Seule une action coordonnée avec l’ensemble des professionnels et prenant la totalité de l’environnement de la personne accompagnée est gage d’efficacité dans notre travail.
En aucun cas, nous ne nous considérons détenir une quel-conque vérité à nous seuls sur la situation de ces personnes, c’est pourquoi nous estimons le travail partenarial comme essentiel. Après avoir signé un contrat d’accompagnement avec l’inté-ressé(e) au début de chaque mesure, nous travaillons ensemble au cours des premiers mois à l’élaboration d’un projet personnali-sé qui prend en compte les besoins et les attentes de l’usager.
Ensuite chaque année, nous révisons ce projet personnalisé en fonction des besoins nouveaux, des attentes nouvelles de l’intéressé(e) et aussi des observations nouvelles que nous aurons pu recueillir.
A propos : Vous limitez-vous à un travail individuel auprès de ces personnes ?
Charlotte Moulin : Pas du tout. Je parlais tout à l’heure de la nécessité de combattre l’isolement de ces personnes. Si l’on n’y prend pas garde, le handicap – la différence – peut conduire à un isolement du groupe, généré par la nécessité de se protéger des attaques que la vie collective peut vous faire subir. C’est pourquoi, nous engageons des actions collectives autour d’activités comme la cuisine, les sorties culturelles ou de loisirs.
Cette semaine grâce à une action mise en place par le Conseil régional, plusieurs personnes que nous accompagnons vont pouvoir visiter la grotte Chauvet en Ardèche. Cet été, nous allons organiser un camp de trois jours avec huit personnes. Nous allons travailler avec elles sur ce séjour, sur sa durée, sa localisation, ses conditions d‘hébergement, etc. Nous allons être dans «le faire avec » pas dans le faire « à la place de… ».